De la forêt à la rue : une semaine en survie urbaine à Montréal

Auteur: Yann

Et si vous vous retrouviez à la rue ?

Pendant longtemps, je me suis posé une question simple : comment les personnes en situation d'itinérance arrivent-elles à survivre avec presque rien ?

La survie en forêt, je connais. J'ai été parachutiste au Royal 22e Régiment. J'ai servi en Afghanistan et en Haïti. J'ai dormi dans la neige en Arctique et dans la jungle au Brunei. Mais la survie en pleine ville, c'est un autre monde. Alors je me suis lancé un défi : vivre une semaine dans la rue, à Montréal, avec presque rien.

Le défi : une semaine dans la rue pour sensibiliser

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Je l'ai fait sous la bannière de l'OSBL Phénix, accompagné de Michel Couture — un homme de cœur qui aide les personnes en situation d'itinérance toute l'année. Son travail est immense : il soutient, il écoute, il sauve des vies et il accompagne ceux qui veulent s'en sortir, notamment avec des problématiques de dépendance ou de crise.

Mon objectif était simple : sensibiliser les gens, montrer la réalité de la rue, mais aussi tester mes propres compétences de survie en milieu urbain.

Pendant cette semaine, ceux qui me suivaient en direct chaque soir à 20h ont contribué à amasser 2 800 $ pour aider l'organisme à redonner directement dans la rue. Déjà, ça, c'était une victoire.

Un sac à dos et rien d'autre

Je suis parti avec seulement un sac à dos, une bâche, un litre d'eau, mes vêtements et quatre cordes élastiques.

Aucun argent. Aucune nourriture. Pas de carte. Rien.

Dans nos formations chez Black Wolf Survival, on enseigne qu'il est possible de survivre avec peu en forêt. Mais la ville, c'est un autre animal. Trouver un endroit où dormir sans se faire déranger, voler ou agresser devient une priorité absolue. La loi de la rue est réelle, et elle ne pardonne pas.

La première nuit : une leçon d'humanité

Dès le premier soir, j'ai compris une chose essentielle : l'entraide existe, même dans la rue.

Alors que je m'étais installé près d'un chemin de fer, un homme en situation d'itinérance est venu me donner une petite frite qu'un restaurant lui avait offerte à la fermeture. C'était la seule chose que j'ai mangée cette journée-là.

Et je peux vous dire que je l'ai appréciée comme jamais.

Un homme qui n'a rien, qui partage le peu qu'il a avec un étranger. Ça remet beaucoup de choses en perspective.

Survivre sans tricher

Dans ce défi, il était hors de question de voler ou de faire quoi que ce soit d'illégal. Il fallait survivre honnêtement. Et ça, ce n'est pas facile.

Mendier demande énormément d'humilité. Il faut mettre son orgueil de côté. Et quand t'es un ancien militaire habitué à être en contrôle, te mettre dans une position de vulnérabilité totale, c'est un choc.

Le lendemain, j'ai rencontré un autre homme près d'une épicerie. Je lui ai simplement dit que j'avais faim et je lui ai demandé comment il faisait pour manger. Sans hésiter, il m'a donné 2 $ — tout ce qu'il avait — pour que je m'achète un hot-dog.

Ce geste m'a marqué profondément.

Il m'a ensuite dit de revenir le soir. À mon retour, il m'a montré une réalité que plusieurs ignorent : fouiller les conteneurs derrière les épiceries. Nous avons récupéré du pain, des muffins et quelques aliments encore consommables. Rien d'expiré depuis longtemps, mais rejeté malgré tout.

La sécurité est arrivée rapidement. Caméras obligent. Le butin était maigre, mais l'expérience, elle, valait tout.

Plus tard, je suis revenu le voir. Je lui ai expliqué la démarche et je lui ai donné 20 $ ainsi que de la nourriture. Il en a pleuré. Il m'a serré dans ses bras. Il savait que son mois serait un peu moins difficile.

Une réalité que personne ne devrait ignorer

Les jours suivants, j'ai appris à observer, à écouter et à comprendre. Les méthodes de survie ne sont pas toujours belles, mais quand tu n'as plus rien, tu fais ce que tu peux.

J'ai dormi dans des endroits où des bagarres éclataient à quelques mètres. Le vol est constant. Il faut rester vigilant. On ne dort jamais vraiment. Un œil ouvert, l'oreille aux aguets — exactement comme en zone de conflit, sauf que cette zone-là est à 20 minutes du centre-ville de Montréal.

On m'a même proposé de dormir sous un pont avec deux autres personnes. Il y avait des rats, des déchets partout, des seringues usagées.

J'ai vu des endroits difficiles dans ma vie. En mission. En aide humanitaire. Mais ça ? Jamais à ce point. J'ai refusé.

S'adapter ou subir

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Après deux jours sans manger, je me suis tourné vers une église qui offrait des repas. Une aide précieuse, mais une réalité difficile à voir.

Ce que je retiens surtout, c'est que la survie urbaine demande une capacité d'adaptation extrême. Les compétences restent les mêmes que dans le bois : observer, s'ajuster, improviser. Mais les dangers sont différents — et souvent humains.

Avec ma bâche, j'ai finalement monté un abri de fortune. D'autres personnes en situation d'itinérance m'ont donné des matelas de sol. Dans la misère, j'ai vu une solidarité incroyable. Des gens qui n'ont rien, mais qui donnent quand même.

C'est exactement ce qu'on enseigne dans nos formations de survie en forêt : en situation de survie, l'entraide et le travail d'équipe sont souvent ce qui fait la différence entre s'en sortir ou sombrer. Ça s'applique autant en forêt boréale que sous un pont à Montréal.

La survie est universelle

Au total, j'ai passé une semaine à Montréal et deux jours à Saint-Jean-sur-Richelieu. Cette expérience m'a profondément marqué.

Elle m'a rappelé que la survie, ce n'est pas juste une question de techniques. C'est une question de mental, d'humilité et d'humanité.

En forêt, le froid et la nature sont vos adversaires. Dans la rue, c'est la solitude, l'indifférence et parfois la violence. Mais dans les deux cas, ce qui vous garde en vie, c'est la même chose : la capacité de s'adapter, la résilience mentale et la volonté de ne pas abandonner.

C'est cette mentalité que nos instructeurs — des vétérans des Forces armées canadiennes — transmettent dans chaque formation. Pas juste des techniques. Un état d'esprit.

Un mot pour ceux qui vivent dans la rue

À toutes les personnes en situation d'itinérance que j'ai rencontrées pendant cette semaine : merci. Merci pour votre générosité. Merci pour votre honnêteté. Merci de m'avoir montré une réalité que je connaissais mal.

Et à Michel Couture et l'OSBL Phénix : merci pour votre travail essentiel. Ce que vous faites change des vies. Littéralement.

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Les 2 800 $ amassés pendant cette semaine sont allés directement dans la rue, là où ça compte.

La survie commence par un premier pas

Chez Black Wolf Survival, on ne vend pas juste des formations. On propose des expériences réelles qui font grandir, qui confrontent et qui changent une personne.

Que ce soit en forêt boréale avec l'Éveil du Loup pour découvrir les bases, le Rite des Bois pour vivre votre première nuit en forêt, ou nos niveaux intermédiaire et avancé pour repousser vos limites — chaque formation est conçue pour vous sortir de votre zone de confort et vous montrer de quoi vous êtes capable.

Nos cours se donnent partout au Québec, en toutes saisons. Consultez nos prochains cours à venir ou contactez-nous directement.

La question est simple : seriez-vous prêt à sortir de votre zone de confort ? 🐺

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